(1): Appréhension & Découverte
(2): Découverte & Sensations
(3): Sensations & Sport
(4): Sport & Technique
(5): Technique & Très Sport
(6): Moral / Tres Sport/ Tres Technique
Le Recit intégrale de l'ouverture de ce canyon d'envergure, par béla ... Une belle Aventure avec le piment tropicale...
5 h du matin au pont de l’escalier, tout le monde est à l’heure. L’équipe embarque dans le camion de navette pour le parking du Bras des Lianes. 40mn plus tard, c’est sous la pluie et aux phares du camion que l’on répartit le matos collectif (500m de cordes, bouffe, deux perfos, 5 accus, 90 clous etc..) ce qui reviens a des sacs de 30 a 35 kg chacun, un huitième équipier manque….
Top départ à 6h30 toujours sous la pluie, la partie GR vite avalée, nous attaquons la partie braco. Au bout de 2H30, nous voila au col du Pic des Lianes avec en vue l’objectif atteindre, mais nous savons, que pour avoir fait la reco l’an dernier, que la nature ne se laissera pas avoir aussi facilement, et croisera ses racines et branches sur notre chemin.
La bascule du col vers le lit de Ravine Blanche s’enchaine assez vite, parfois même en toboggan dans la boue !!
Nous attaquons à présent le plateau tant redouté, par de vagues traces de bracos, et en effet, les 400 derniers mètres, dans une petite ravine, relève plus de la spéléo que de la rando : slalom entre les branches, ramping sous les racines et toujours ce satané sac qui s’accroche partout !! De petits bassins insignifiants coulent Marc et Nico jusqu’au menton et bataillent pour sortir le sac et tout ça, sous le regard moqueur d’Arnaud a qui son tour viendra !
Cela fait 5H30 que l’on progresse péniblement, Mric s’échappe du peloton sentant la fin de la marche, on dépasse un camp braco repéré par hélico et nous voila rassuré, c’est la bonne ravine !!!
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A notre arrivée par 6h de progression, Mric nous ayant devancé, attend suspendu a un arbre (qui deviendra le R1), le visage fendu d’un sourire « tranche papaye », activité anormale le matin pour lui, et hurle a notre arrivée : « c’est la bonne, je vois le trou !! » J’en suis ému.
Depuis un an, avec Mric, date a laquelle nous avions annulé cette ouverture pour cause météo, nous épluchons cartes, photos et infos ; Et nous voila au départ de ce gros parcours qui nous a fait tant rêvé. Jamais nous n’avons douté de l’intérêt de ce canyon et la découverte soudaine du cassé nous rend euphoriques.
A présent, voila comment nous comptons procéder:Franchissement du cassé d’entrée et de la goulotte suivante et poser notre bivouac et pendant ce temps, Mric équipe les deux lignes suivantes pour le lendemain.
Apres un court repas et deux crampes, on s’équipe, enkitons les cordes et premier rappel tiré
30m plus bas pour prendre pied sur une grosse terrasse, et nous voila rassurés car en disséquant les photos aériennes de repérages, nous avions estimé ce rappel à 50m, donc la suite pourra s’enchainer plus rapidement sans attendre les cordes que je dois alimenter en permanence en pointe.
Deux purges plus tard, Mric pose son sac au pied premier du cassé, l’équipe suit tranquillement, Maxime se faufile a droite et a gauche avec sa camera, Eric déséquipe, ce qui sera son rôle durant cette ouverture.
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En effet, pour avoir ouvert et rééquipés quelques gros canyons ensemble, nous croyons avoir trouvé un fonctionnement idéal : Mric en pointe, moi faisant l’interface avec le reste de l’équipe, Eric au déséquipement (rôle souvent ingrat et malgré tout primordial), les équipiers alimentant en cordes, clous et portages. Ce fonctionnement fluide s’est révélé payant sur d’autres grosses expés.
La goulotte de 52m aussitôt franchie, nous voila sur la zone de bivouac qui est en fait un étroit balcon « arboré », avec une vue imprenable sur le Piton des Neiges et un petit bout de Mafate. Chacun s’affaire à installer le camp, hamac exigés ! Pendant ce temps, Mric fait ronfler le perfo au R6 et R7 avec Maxime a la camera.
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A présent, ce que nous redoutions, sans en parler, arrive : la pluie arrive en force et tombe sans discontinuer et ceci jusqu’au lendemain 7h. Cependant, au menu ce soir : apéro, purée-jambon, vin, compote et au lit. Eric est chargé de la vaisselle, et trouve une lumineuse idée de caler popote et bols sur les cotés du bassin, les « petits mouvements d’eaux » feront le reste...
Tout le monde sur hamac sauf Marc, calé derrière un bloc au bord du bassin. 3h30 du matin, je sens mes pieds mouillés dans le duvet, je gigote, mon voisin de chambre se réveille et m’annonce : « c’est gros !! » Plus possible de fermer l’œil pour le reste de la nuit pensant que le lendemain, il nous reste 500m a descendre avec surtout ce verrou que constitue l’entrée dans l’étroiture tant fantasmé et avec un débit pas prévu.
L’équipe se réveille péniblement, Nico cherche la popote et les bols pour le café : On apprend que dans la nuit, Mric est sorti de son duvet pour ramasser les affaires qui trainaient au bord du bassin, ce qui a évité à Maxime de descendre le reste du canyon en slip ou caleçon !! Et bien sur la vaisselle a disparue dans la bagarre, il nous reste une petite popote de secours.
Un café plus tard, tout le monde y va de ses propositions : attendre la décrue au bivouac, commencer à descendre jusqu’a l’entrée de l’étroiture et shunter par les arbres jusqu’en bas. Cette dernière option séduit personne car étant si prés du but, shunter le principal intérêt de la course nous rendrais vaincus.
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Finalement, la décision est prise, on lève le camp, progressons jusqu'à l’entrée du trou et advienne que pourra.
Le premier rappel partant du bivouac est ambiance, très gros débit mais heureusement toujours sur les pieds, car notre aisance et mobilité est fortement amputée par les kilos transportés.
203m plus bas, toute l’équipe se retrouve au départ de la magnifique goulotte d’entrée de 88m. Soudainement, nous nous apercevons que la malédiction de la nuit c’est transformée en bénédiction pour la suite du canyon : la décrue s’amorce et le niveau d’eau devient parfait !!
Aussi, la roche devient plus saine dans l’encaissement avec la présence de dykes (pour planter) et c’est tant mieux, les lignes seront choisies et équipées au plus près de l’actif, que du bonheur.
La grande goulotte de départ, donne le ton de ce qui vas suivre, c'est-à-dire : petite main courante de présentation et descente dans l’eau avec le confort d’arriver dans les vasques et les traverser rapidement selon l’aisance a chacun du « bond final »
Et la, commence l’enfilade ininterrompue, et a chaque reception de rappel, Mric me fait des grand gestes en Vé traduisant l’encaissement suivant, et moi les répétant aux autres de l’équipe, c’est l’euphorie !!
Durant la progression, la question qui revient souvent est : voit-on l’arrivée ? La morphologie du défilé nous défend de voir plus loin que le rappel suivant, car l’eau rebondis a droite ou a gauche selon le chemin qu’elle s’est taillée dans le basalte et le conglomérat.
Les paris vont bon train pour savoir dans combien de ressauts nous seront arrivés.
Pendant ce temps, Maxime avale les images vidéo, Arno aide Eric au déséquipement, Marc et Nico alimentent les cordes et Mric pousse sur le perfo, et même avec une mèche niquée : même pas mal, depuis son expérience de l’équipement de ravine Mazerin (pour cette fois, 6 forets pour deux perfos embarqués).
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La routine s’installe presque dans notre progression tant les enchainements suivent et voici que l’on découvre l’arrivée en contrebas du « Bras de caverne ». Il reste quand même 60m à équiper en 3 longueurs mais boosté par le défi, nous prendrons pieds tous ensembles vers 17h.
A notre grande surprise, l’avant dernier bassin est équipé : un gros tronc d’arbre barre l’étroite sortie du bassin avec des câbles électriques attachés en son milieu pour éventuellement monter ou descendre l’avant dernière cascade surplombante !, comment ont-ils faits ? Les Bracos nous étonnerons toujours.
Il reste juste a faire la jonction avec le bras de caverne, presque le plus compliqué du canyon de part sa présentation basse et glissante, ce serais dommage de se faire mal a 10m de la victoire !!
Une rapide traversée des eaux claires du bras de caverne et nous voila arrivé, chacun assis sur un gros galet a contempler le final de l’étroiture, puis décidons d’enchainer au plus vite la marche de retour pour rejoindre le pont de l’escalier et trinquer a notre course. Petit passage incontournable devant la mythique Ravine Blanche avec photos…
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40mn plus tard, nous déposons les sacs au pont de l’escalier. Arno se dépêche d’aller chercher 7 cols blancs (1664 KRO) pour fêter notre parcours.
Je lis dans les visages fatigués de chacun, l’expression unanime de satisfaction et de jouissance.
Une fois le matos partagés et rangés, on se répartit dans les bagnoles direction la case, avec évidement comme conversation à bord, le film de ces deux jours fabuleux.
Toute l’équipe pense que ce canyon fera parti du top 10 des géants réunionnais, la répétition de ce parcours par d’autres équipes ajustera notre objectivité.
-Ce nouveau parcours d’envergure devra ravir les pratiquants qui oseront se frotter à cette marche d’approche sélective mais largement récompensée par la descente et le mémorable bivouac visuel et aérien.
- moins technique que Ravine Blanche mais néanmoins exigeant comme beaucoup de canyons réunionnais.
-Nicolas Sibuet
-Maxime Ganhal
-Marc Sarrazin
-Arnaud Tranchant
-Eric Poullain
-Emeric Beaucheron
-Belaïde Seghouane
Médiatisation :
-Couverture et article double page dans le quotidien du 23 mai 2007.
-Infos télévisées le 22 mai 2007 sur « Antenne Réunion » et RFO réunion.
-Diffusion nationale sur France 3 le 23 mai 2007.
-Diffusion locale sur CilaosAventure.com
Remerciements :
les habitants du « Pont de l’Escalier » pour leurs parkings.
Denis pour les accus-perfo.
Ric a ric pour les perfos et clous.
Maxime pour les images.
Nico, Marc, Eric, Max, Mric et Arno pour leurs efficacités.
Didier pour la navette « grand matin »
Les bracos pour l’accès.
La météo pour : la vaisselle, l’angoisse nocturne et la crue bienfaitrice !
Auteur recit: belaïde Seghouane
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